Kurdish Delight ● Iran
     
Kurdish Delight ● Iran
L’Iran cristallise beaucoup de fantasmes. Immédiatement, on pense aux mollahs, au régime fanatique qui étouffe son peuple, aux lois d’un autre temps, aux exécutions publiques... À tous ces clichés (réels) qui perdurent, s’ajoute le bras de fer avec Donald Trump et les États Unis, qui crispe et focalise l’attention internationale. Que penser de l’Iran?

C’est un pays complexe, et qui ne se dévoile pas complètement sans creuser un peu. A la résignation générale provoquée par une politique déconnectée de la réalité, les Iraniens opposent une résilience et une générosité sans limites. Le coût de la vie, déjà vertigineux, a triplé ces 6 derniers mois. L’essence, symboliquement accessible à tous, aussi, va augmenter du fait des nouvelles sanctions imposées par les États-Unis. Tout le monde sent qu’un mouvement, une lame de fond, mettra le régime à l’épreuve, tôt ou tard.

Dans ce pays bouillonnant, les Kurdes, qui représentent 13% de la population, occupent leur propre place. A part.

La région du Kurdistan n’est généralement pas visitée par les voyageurs et les étrangers en général, et est même déconseillée. C’est un tort. L’accueil des Kurdes est sans égal, à la hauteur des fantastiques paysages de villages traditionnels à flanc de montagne.
Ici on est au Kurdistan, entre l’Irak et la Turquie. On parle kurde, on est Kurde, mais quand même Iranien aussi. Depuis toujours opprimés par le régime chiite des mollahs, les Kurdes sunnites sont peu intégrés dans la société civile iranienne. Dans un Kurdistan troublé, les velléités d’autonomie sont pourtant faibles, contrairement aux Kurdes de Turquie. Le régime iranien n’a pourtant jamais été tendre avec les Kurdes, et la région a connu des guerres et des «opérations» tout au long des dernières décennies, en particulier à la frontière irakienne.
Les cas de tortures et de persécutions envers tout élan nationaliste sont toujours à l’ordre du jour. Mais, de par leurs différences culturelles avec la majorité persane iranienne, une certaine « liberté » (toute relative en Iran) y existe, extraordinaire dans ce pays. La place des femmes par exemple y est atypique. Elles sont bien plus libres et s’expriment. Les voiles y sont légers, colorés. Les gens dansent et rient...

Pays unique, région unique, et personnes uniques.
Le Kurdistan iranien est singulier, dans son propre rythme : une oasis d’humanité, d’histoire et de partage...Dont on repart forcément trop tôt, à regrets...
Village d'Howraman, Kurdistan. Suspendu à la vallée, le temps s'est arrêté.

Téhéran. Sur le parvis de la mosquée Shah, au centre du quartier du bazar.

Téhéran. Le quartier des bijoutiers est un éblouissement pour les yeux. Des dizaines (centaines?) de vitrines débordantes de bijoux. De l'or, des pierres précieuses..Du vrai, rien que du vrai! Le rapport à l'or et aux bijoux en Iran est très différent de celui des Européens. C'est une valeur refuge, un investissement, sans parler du statut social qui lui est associé. Heureux hasard, non loin des bijoutiers, se trouvent les magasins spécialisés dans les coffres-forts... Malin...

Téhéran. Les fresques patriotiques à la gloire du régime fleurissent les murs de la capitale, de même que les photos des martyrs fleurissent toutes les routes du pays...

Tabriz, Azerbaidjan Oriental. Capitale de la région peuplée d'Azéris, l'atmosphère y est radicalement différente de celle du Kurdistan. Aux couleurs vives des voiles du Kurdistan, répondent les hijabs d'un noir profond d'Azerbaidjan. La grande majorité des femmes sont habillées ainsi.

Téhéran. Le métro est propre et abordable, à 10000 rials le trajet (l'équivalent de 7 centimes). Petite particularité, les wagons de queue sont réservés aux femmes, et certaines parties des quais également.

Téhéran. La circulation est complètement anarchique en ville. On croisera tantôt des dizaines de motos en sens interdit, des taxis garés en plein milieu des voies buvant un thé, des porteurs se frayant un passage à la force des poignets... Traverser la rue, quand on est piéton, se déroule dans une anarchie organisée assez impressionnante. Si on survit aux premières fois, on apprend vite les codes implicites....

Téhéran. Ce qui frappe immédiatement en sa baladant dans la capitale, ce sont les nezs refaits... L'Iran est championne du monde en nombre de rhinoplasties. Petits, fins, retroussés... On en compte par centaines. C'est un véritable phénomène de masse. Outre les femmes, les hommes aussi se font refaire le nez. Ainsi, beaucoup arborent fièrement le pansement nasal, signe de richesse dans la société iranienne. La chirurgie plastique est, de manière générale, très ancrée et assumée dans le pays.

Téhéran. Les bijoux, et l'or en particulier, sont d'une importance extrême dans la société iranienne. Par exemple, la dot du mariage (‟mehrieh‟), que le mari devra verser à son épouse, devra mentionner plusieurs dizaines, voire centaines, de pièces d'or. A plusieurs centaines d'euros la pièce, pour un salaire mensuel moyen de 50€, nombreux s'endetteront à vie. Si un divorce est prononcé, le mari devra dans tous les cas payer l'équivalent de la dot à son épouse, sous peine de finir en prison, ce qui est un cas très fréquent...

Téhéran. Quartier du bazar.

Téhéran. Commémoration du 104ème anniversaire du génocide des Arméniens.

Téhéran. La communauté arménienne de la ville commémore le 104ème anniversaire du génocide perpétré par la Turquie. Dans l'enceinte de la cathédrale, des centaines de personnes sont réunies, comme chaque année. Un havre de liberté pour les femmes qui en profitent aussi pour lacher leurs cheveux.

Kurdistan. Arrêts obligés durant les jours de route, les pompes à essence sont partout. A moins de 3€ le plein, cela peut sembler abordable, mais la menace d'une hausse des prix plomberait encore plus les finances des familles iraniennes.
Curieux clin d'oeil, le mouvement français des Gilets Jaunes a eu un écho en Iran, décourageant le gouvernement d'augmenter les prix de l'essence, par peur d'une révolution... Pour combien de temps?...

Palangan, Kurdistan. Le village vit de l'élevage des poissons, spécialité locale et renommée dans la région.

Palangan, Kurdistan.

Palangan, Kurdistan. Les toits des maisons kurdes traditionnelles servent de terrasses aux maisons supérieures. La vie explose en plein soleil.

Palangan, Kurdistan.

Palangan, Kurdistan. La grande majorité des Kurdes portent le pantalon bouffant traditionnel, le shalwar fait sur-mesure : ‟C'est pratique et confortable!‟

Palangan, Kurdistan. Les enfants kurdes du village chantent et dansent spontanément. La danse est un trait de la culture kurde. Très codifiée, la danse traditionnelle est un vrai moment de partage en famille et entre amis, et égaie souvent les piques-niques champêtres traditionnels du vendredi.

Vallée d'Howraman, Kurdistan. Les familles en balade s'offrent un point de vue, près de la frontière irakienne.

Vallée d'Howraman, Kurdistan. A droite, la montagne sépare de l'Irak distante de quelques kilomètres. Tandis qu'au sommet la neige est très épaisse, il fait très chaud en bas, dans la vallée.

Vallée d'Howraman, Kurdistan. Les véhicules stationnés chargent les paquets des contrebandiers arrivant d'Irak, portés à dos d'hommes à travers la montagne. De l'alcool, de la nourriture...et même de l'électroménager, des téléviseurs...beaucoup de choses transitent ici. Une fois pleines, les voitures démarrent et foncent sur les routes sinueuses, de jour comme de nuit.
Les films plastique rouges qui entourent les colis arrivant d'Irak parsèment par centaines le point de passage des contrebandiers.

Vallée d'Howraman, Kurdistan.

Vallée d'Howraman, Kurdistan.

Village d'Howraman, Kurdistan. Howraman est une merveille. Un village étendu, épousant le flanc de la montagne. La vie se poursuit, millénaire. Les jeunes jouent, les vieux languissent au soleil devant la mosquée, à leurs pieds: la vallée à perte de vue.

Vallée d'Howraman, Kurdistan.

Vallée d'Howraman, Kurdistan.

Vallée d'Howraman, Kurdistan. Le vendredi, c'est le seul jour de repos hebdomadaire. Alors familles et amis sortent, se retrouvent pour pique-niquer, danser, rire...

Marivan, Kurdistan. La sculpture aux fauxs airs soviétiques montre un homme porté vers le ciel par des oiseaux. Censé représenter la solidarité et l'élévation de chacun par l'entraide, certains soupçonnent que sa construction a été prétexte à une campagne de recherche d'or dans la montagne, au bénéfice du gouvernement...

Marivan, Kurdistan. Au kebab, les légumes ont disparu, ils sont devenus trop chers, en particulier les oignons... La récolte annuelle a été détournée et revendue à meilleur prix en Irak, créant une pénurie... Indispensables dans la cuisine locale, le prix des oignons est désormais le même qu'en France.

Marivan, Kurdistan. Un vrai pantalon kurde (‟shalwar‟) se réalise forcément sur mesure.

Tabriz, Azerbaidjan Oriental.

Kandovan, Azerbaidjan Oriental. Village troglodyte, Kandovan est un passage obligé sur la route de Tabriz. Ici, les gens se revendiquent volontiers turcs ou azéris, d'ailleurs on ne parle pas perse dans la rue. Les sourires sont plus rares qu'au Kurdistan, et les tons sont plus sombres...

Tabriz, Azerbaidjan Oriental. Ali répare des machines à coudre depuis quatre décennies. A 74 ans il a décidé d'apprendre seul l'anglais, sans jamais être allé à l'école. Il a créé ses propres dictionnaires, et connait plusieurs centaines de mots. Son grand plaisir? Attendre dans la rue les étrangers de passage, pour partager un thé et discuter.

Téhéran.

Téhéran. Le bazar est un dédale couvert, parsemé de places, d'escaliers, d'étages ou de demi-étages labyrinthiques...

Tehran. Jafar vend des pistaches, et bien sûr ce sont les meilleures du bazar. Il a 3 magasins à Téhéran car chez Jafar on est dans la pistache de père en fils.

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